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Religio et superstitio

Le 21 avril 2015
Religio et superstitio
Religion - Superstition

Il y a quelques jours le ministre de l’éducation nationale nous informait que l’instruction du latin et du grec ne serait plus des cours à part entière mais simplement un complément.

Ceci est d’autant plus regrettable que le latin permettrait à bien les personnes de comprendre l’histoire et finalement l’actualité.

Depuis un certain nombre d’années, l’Occident est menacé par une vague de radicalisme islamique dont il ne comprend ni l’origine ni la finalité.

Pourtant la simple connaissance du latin ajouté à celle de l’histoire aurait permis de savoir comment ce mouvement s’inscrivait dans l’histoire et quel serait son évolution probable.

Pour la quasi-totalité des gens, la religion s’identifie à une pratique religieuse qui relève de la sphère privée. En particulier, les occidentaux semblent s’émouvoir de voir par exemple des musulmans ou des juifs afficher ouvertement leur religion.

Pourtant, cet affichage dans tous les aspects de la vie dans tant privée que publique relève de ce qui s’appelait sous l’Antiquité la religio.

 Il s’agissait d’un comportement du citoyen romain qui devait accomplir au cours de l’année un certain nombre d’actes ou de célébrations privées ou publiques, en honorant des dieux ou en participant à des célébrations publiques, manifestant par là son adhésion à la société et son organisation politique et civique.

À l’opposé, lorsque le christianisme est apparu, il ne fut pas qualifié de religio mais de superstitio ce qui signifie en latin ferveur excessive.

En effet pour les Romains, le christianisme est apparu comme une croyance non rationnelle qui se manifestait dans les comportements excessifs de ses membres telle la promotion du martyre à tel point qu’un gouverneur d’une province orientale de l’empire encouragea les chrétiens à se suicider par pendaison puisque telle était leur volonté.

Lorsque le christianisme a été érigé comme religion d’État par Constantin, il a entendu se substituer aux dieux païens et a investi tant la sphère privée que publique du citoyen romain et de ce fait a pris le nom de religion en conservant bien évidemment les excès qui l’avaient accompagné.

La christianisation de l’empire romain s’est accompagnée de la destruction systématique de tous les lieux de culte païen. Ainsi lorsque l’on rencontre un calvaire aujourd’hui, il s’agissait hier d’un lieu de culte païen que le christianisme a considéré comme contraire ses principes et l’a détruit.

 Le christianisme a également considéré que toute autre croyance en un autre dieu que le sien relevait de la superstition et n’a pas hésité à persécuter les anciens païens. Le paroxysme de cette persécution s’est illustré sous l’inquisition.

Ainsi, le christianisme s’est accaparé de la notion noble de religion pour écarter celle de superstition qui lui a été donnée pour la stigmatiser.

Aujourd’hui, nous assistons avec nos yeux d’occidentaux du XXIe siècle cela quoi ont assisté les occidentaux du IVème et Vème siècle.

Persécution de tous ceux qui ne sont pas musulmans, destruction de lieux de culte antérieurs à l’islam.

On peut même penser que si les lieux archéologiques détruits par les islamistes radicaux au XXIe siècle avaient été connus des chrétiens du IVème et Vème siècle, ils les auraient détruits ou en tout cas christianisés comme le Colisée ou le Panthéon de Rome.

Face à ces comportements, certains tentent de promouvoir l’idée d’un islam modéré. Ils tentent de laisser penser que l’histoire des IXe, Xe et XIe siècle, période phare de la civilisation arabe, fondée sur les échanges économiques, intellectuels et spirituels, au cours de laquelle les Arabes multiplièrent les plus prodigieuses réalisations que ce soit en mathématiques, astronomie, médecine, architecture, musique et poésie, serait la meilleure démonstration de l’existence d’un tel islam.

Sauf qu’il s’agit d’une confusion entre la civilisation arabe et l’islam comme ce fut la confusion entre la civilisation occidentale et le christianisme.

Lorsque le traité de Lisbonne a été rédigé, la question était posée de savoir si on devait inscrire les racines chrétiennes dans le texte fondateur de l’union européenne comme si la civilisation européenne était née il y a 2000 ans sous l’effet de l’émergence d’une superstition apparue dans la région de Judée Samarie appelée plus tard par les Romains Syrie Palestine.

Le fait religieux tel qu’il est perçu aujourd’hui est d’abord une superstition qui a triomphé.

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